18/06/2008

La Franc-Maçonnerie en bref (4)

Les premières Grandes Loges 

Une Grande Loge est un regroupement de plusieurs loges.

Le 24 juin 1717, jour de la fête de la Saint Jean, quatre loges londoniennes (« L'Oie et le Grill », « Le Gobelet et les Raisins », « Le Pommier » et « La Couronne ») se réunirent dans la taverne à l'enseigne « The Goose and Gridiron » et formèrent la première Grande Loge, la « Grande Loge de Londres et de Westminster ».

Ce groupe sera plus tard appelé, informellement, les « Moderns ». Il s'appuiera sur les constitutions publiées en janvier 1723 par le pasteur écossais presbytérien James Anderson avec l'appui du pasteur et scientifique anglican Désaguliers et opèrera une synthèse entre la maçonnerie anglicane du « Rite des Anciens Devoirs » et la maçonnerie d'origine calviniste du « Rite du Mot de maçon », substituant à ces deux rattachements confessionnels un rattachement plus vaste au concept de « religion naturelle » qu'il encadre toutefois par ses références à la « Sainte Trinité ».

C'est à partir de cette Grande Loge que la franc-maçonnerie se répandit en une vingtaine d'années dans toute l'Europe puis progressivement dans l'ensemble des colonies européennes, ce qui incluait à l'époque l'Amérique, l'Australie et une bonne partie de l'Afrique et de l'Asie. C'est ainsi que furent fondées des loges en Russie (1717), en Belgique (1721), en Espagne (1728), en Italie (1733), en Allemagne (1736). De nouvelles Grandes loges apparurent à leur suite: la Grande Loge d'Irlande (1725), la Grande Loge d'Écosse (1736) ou la Grande Loge de France (1738).

Quelques années plus tard autour de la Loge de York puis surtout autour d'autres loges londoniennes, une autre Grande Loge anglaise, sous le nom de Grand Lodge of Ancient Masons, se forma et s'opposa à la première, à laquelle elle reprochait d'avoir déchristianisé le rituel. Elle s'appuiera sur les constitutions de Laurence Dermott (Ahiman Rezon - 1751) et inspirera à son tour un certain nombre de loges en-dehors du Royaume-Uni, ainsi que dans les colonies d'Amérique du Nord.

À l'époque des guerres napoléoniennes et du premier affrontement des empires européens, les deux Grandes Loges britanniques se rassemblèrent en 1813 autour d'une nouvelle obédience, nommée Grande Loge unie d'Angleterre (United Grand Lodge of England) dans un « Traité d'Union » d'inspiration plus « ancienne » que « moderne ». Dans le même temps, l'empereur Napoléon Ier imposait en France la réorganisation de la franc-maçonnerie autour du Grand Orient de France et d'une orientation plus proche de celle des « modernes ».

 

16/06/2008

La Franc-Maçonnerie en bref(3)

Les premières loges Maçonniques 

Une loge maçonnique est une structure locale regroupant typiquement quelques dizaines de Francs-Maçons.

La plus ancienne loge maçonnique connue dont on puisse clairement établir qu'elle était structurellement distincte de la corporation locale de maçons opératifs (à laquelle elle restait cependant adossée) fut celle de Mary's Chapel, fondée en 1599 sous l'autorité de William de Saint Clair, à Édimbourg en Écosse. Comme elle, la plupart des toutes premières loges maçonniques distinctes des corporations sont écossaises et créées sous le régime des Statuts Schaw. Elles sont jalouses de leur indépendance et pratiquent :

  • soit l'ancienne cérémonie d'admission datant des corporations et connue sous le nom de « Rite des Anciens Devoirs »
  • soit, à partir des années 1630 et en milieu presbytérien, un rituel d'initiation fort simple, connu sous le nom de « Rite du Mot de maçon ». Ce rituel comporte la transmission d'un « secret », à l'origine composé uniquement d'une poignée de main et de deux mots de passe.

Ces deux rites sont comparables à ceux qu'on peut trouver dans d'autres corporations ou confréries de métiers de l'époque, telle que, par exemple, celle des francs-jardiniers.

Toutefois, la prééminence donnée dans la société de l'époque au métier de maçon, leur réputation et celle de leur rituel attirèrent dans leurs rangs, surtout à partir de 1670, d'assez nombreux gentilshommes et bourgeois. Assez souvent ceux-ci, après avoir reçu l'initiation maçonnique, continuaient à se passionner pour le sujet mais fréquentaient assez peu les réunions ordinaires de leurs loges.

Avant la fin du XVIIe siècle, il y eut également une trentaine de loges en Angleterre. Sir Robert Moray fut initié à Newcastle le 20 mai 1641 et le célèbre savant Elias Ashmole dans la loge de Warrington, Lancashire, le 16 octobre 1646. D'après son journal, ce dernier continua à s'intéresser à la franc-maçonnerie mais ne retourna en loge que quelques vingt ans plus tard.

Les loges maçonniques britanniques de cette époque rassemblent essentiellement des citadins de condition modeste, des artisans et des petits commerçants. Elles n'ont presque plus de liens avec le métier de maçon et ressemblent beaucoup aux sociétés amicales comme celles des francs-jardiniers ou des Odd Fellows. Leur objet principal est la bienfaisance et l'entraide mutuelle, à une époque où il n'existe pas de protection sociale publique. Elles aident leurs membres malades ou privés d'emploi, participent aux frais de leurs obsèques et assistent si besoin leurs veuves ou leurs orphelins. Les cérémonies et rituels de l'époque sont fort simples. La Loge d'Alnwich fut fondée en 1701 et celle de York en 1705.

La manière exacte dont les loges « spéculatives » (c'est-à-dire philosophiques) se sont séparées des loges « opératives » (de métier) reste mal connue et demeure un sujet de recherche et de débats entre les spécialistes. L'hypothèse, dite « théorie de la transition », selon laquelle les loges opératives anglaises se seraient progressivement transformées en loges spéculatives au cours du XVIIe siècle en Angleterre, n'est plus aujourd'hui soutenue par les historiens.

Il semblerait qu'en Écosse, à l'époque en guerre contre l'Angleterre, les loges de type opératif organisées selon les statuts Shaw aient admis en leur sein quelques personnages n'appartenant pas au métier. Ils y faisaient figure de membres honoraires et n'assistaient presque jamais aux réunions. En Angleterre en revanche, il n'existait déjà plus à cette même époque aucune organisation de maçons opératifs. Le lien entre les deux types de maçonnerie pourrait donc avoir été établi par l'intermédiaire des sociétés amicales, jointe à l'action d'intellectuels tels que Robert Moray, Elias Ashmole ou James Anderson, initiés dans des loges d'origine écossaise mais exerçant leur activité en Angleterre.

 

13/06/2008

La Franc-Maçonnerie en bref (2)

Origines légendaires

Bien que les premières véritables loges de Francs-Maçons, distinctes des corporations, soient apparues au XVIIe siècle, en Écosse, on a toujours ajouté à cette origine historique une origine légendaire et symbolique plus ancienne, support du travail initiatique de ses membres.

Les premiers Francs-Maçons positionnaient symboliquement cette origine mythique aux origines de la maçonnerie elle-même (comprendre aux origines de l'art de bâtir). Dans un siècle où les travaux de la paléontologie n'existaient pas encore, il fut tout naturel pour eux de placer cette origine à l'époque d'Adam (le premier homme, selon la conception de l'époque), à celle de Noé (construction de l'arche et religion première) ou, beaucoup plus fréquemment, à celle de la construction du temple de Salomon par l'architecte Hiram Abiff.

Vers 1390 déjà, le « Manuscrit Régius », qui décrivait les usages des maçons anglais, plaçait emblématiquement leur corporation sous l'égide d'Euclide et de Pythagore, pères de la géométrie, et sous la protection du roi Athelstan d'Angleterre.

En 1736, en France, le chevalier de Ramsay rattache la franc-maçonnerie aux Croisés. D'autres, un peu plus tard, transformeront cette référence en une référence symbolique au Saint Empire romain germanique, ou à l'Ordre du Temple (en Allemagne, en Angleterre et en France).

Suite à la parution en France du Séthos de l'abbé Jean Terrasson en 1731 puis à la redécouverte de l'Égypte antique par les occidentaux, c'est tout naturellement que certains rituels maçonniques déplacèrent l'origine symbolique à l'époque de la construction des pyramides.

Au milieu du XIXe siècle romantique enfin, à l'occasion de la redécouverte de l'héritage du Moyen Âge, le mythe maçonnique renforça tout aussi naturellement ses références à la construction des cathédrales.

Derrière toutes ces apparentes modifications symboliques se détache clairement une constante : la franc-maçonnerie s'est toujours placée sous le patronage symbolique de tous ceux qui firent progresser, tout au long de l'histoire, l'art de bâtir et les valeurs dont elle se réclame.

 

12/06/2008

La Franc-Maçonnerie en bref (1)

La franc-maçonnerie est une forme d'organisation associative, qui pratique des rituels initiatiques faisant référence notamment à l'art de bâtir.  

Apparue en Écosse puis en Angleterre au XVIIe siècle, elle se décrit, suivant les époques, les pays et les formes, comme une « association essentiellement philosophique et philanthropique », comme un « système de morale illustré par des symboles » ou comme un « ordre initiatique ».

Organisée en obédiences depuis 1717 à Londres, la franc-maçonnerie dite spéculative - c'est-à-dire philosophique - fait référence aux Anciens Devoirs de la maçonnerie dite opérative formée par les corporations de bâtisseurs qui édifièrent, entre autres, les cathédrales.  (Voir ci-dessous la nuance entre Maçonnerie Spéculative et Maçonnerie Esotérique)

Elle prodigue un enseignement ésotérique, adogmatique et progressif à l'aide de symboles et de rituels. Elle encourage ses membres à œuvrer pour le progrès de l'humanité, tout en laissant à chacun de ses membres le soin de préciser à sa convenance le sens de ces mots.

La bienfaisance est l'un de ses moyens d'action. Sa vocation se veut universelle bien que ses pratiques et ses modes d'organisation soient extrêmement variables selon les pays et les époques.

Elle réunit, dans de nombreux pays répartis sur toute la surface du globe, des personnes qui se sont donné pour but de travailler à leur amélioration spirituelle et morale.  

 

Elle s'est structurée au fil des siècles autour d'un grand nombre de rites et de traditions, ce qui a entraîné la création d'une multitude d'obédiences qui ne se reconnaissent pas toutes entre elles.

10/06/2008

Les principes de la Franc-Maçonnerie Esotérique

La Franc-Maçonnerie est une institution fraternelle dédiée à l’Amour fraternel, à la Solidarité et à la Vérité.  L’Amour fraternel est un lien très fort qui unit les hommes de bonne volonté. La Solidarité,  c’est tendre une main secourable aux personnes qui ont besoin d’assistance.  La Vérité est exprimée par les Maçons par leur attitude d’honnêteté et de loyauté envers tous les hommes.  Voila les principes adoptés par la plupart des Grandes Loges « régulières ».

 

La Maçonnerie Esotérique est une organisation qui regroupe des hommes et des femmes qui se consacrent à la Compassion dans l’Amour, la Charité et la Vérité.

 

La Compassion dans l’Amour, c’est cette faculté d’accepter et de pardonner aux autres, mêmes à ceux qui nous ont causé préjudice pour leur profit personnel ou leur satisfaction.  C’est un but vers lequel tendent tous les Maçons Esotériques.  Souvent, cela conduit à devoir accepter ce qui est difficilement acceptable et à pardonner ce qui pourrait passer pour impardonnable…

 

La Charité, c’est donner un peu de notre temps, de notre énergie ou de notre argent à ceux qui en sont moins dotés ; pas pour la reconnaissance que ce geste pourrait générer, mais simplement parce que c’est notre devoir de Maçons.  La Charité nous amène à tenir compte des besoins de nos propres familles sans oublier les besoins de tous nos frères et sœurs dans le monde.  La Charité, c’est parfois renoncer à quelque chose que nous aurions aimé obtenir pour pouvoir soulager d’autres détresses…

 

La Vérité est à la fois l’objet de notre quête de « cherchants de vérité » et notre manière d’être Francs-Maçons Esotériques.  Chercher la Vérité et la vivre au jour le jour nous rapproche de la Divinité et de toute l’Humanité. En tant que Maçons Esotériques, nous cherchons et nous vivons en quête de Vérité.

 

L’Amour dans la Compassion, la Charité et la Vérité sont les principes de la Franc-Maçonnerie Esotérique mais aussi nos guides et nos règles d’existence pour une vie significative, une vie bien remplie, une vie qui ne soit pas une existence perdue, une chance perdue, … une vie de Franc-Maçon Esotérique.